L'eau et les foggaras ( Douz 2008 conférence de Mr Jean Picard )
Le chameau est un animal écologiste par nature puisqu'il résiste mieux que l'homme à la soif et ceci m'ayant toujours préoccupé, je me suis pénétré de l'idée que tout ce qui touche à l'eau concernait le monde camelin.
C'est à l'occasion du colloque organisé par le Pr Dr M'hd Hassine FANTAR chargé de la Chaire Ben Ali pour le dialogue des Civilisations et des Religions, que j'ai entendu un plaidoyer pour l'eau, auquel je ne pouvais rester insensible.
Vous y trouverez une bibliographie de nature à satisfaire les plus exigeants et une ouverture sur ce que les gens démunis du précieux liquide avaient imaginé pour améliorer leurs conditions de vie ... sans doute en prémonition de la péjoration climatique que nous connaissons
I°) POURQUOI CE SUJET :
je pensais en avoir fini avec mon dossier sur l'eau lorsq'une suite inattendue se présentait à moi sous la forme d'une communication qu'un ami de longue date me demandait de faire au cours d'un colloque qu'il organisait à Douz (sud Tunisien),durant le féstival qui s'y tient annuellement.
Sans doute pour me montrer la force de l'amitié qu'il me portait,choisissait-il le théme des foggaras plutôt que l'odyssée des Garamantes dont j'avais "fait ma tasse de thé" il y a un certain temps déjà!
Or, j'avais achevé depuis peu ma recherche sur l'eau et,mettant la dernière main à une annexe sur l'origine du canal de ma montagne,je pensais ma communication d'autant falicitée...
- c'etait sans compter avec l'intéret porté à cette question par géographes et ingénieursb[(Cf.biblio.)
-c'etait sans compter avec l'ardeur de l'auditoire tunisien manifestement sensibilisé à la question.
II°) LE SAVOIR FAIRE DE L' ORIENT :
Il m'apparaissait bien vite,que la technique des foggaras n'avait rien à voir avec celle du canal en plein air de " ma montagne" même lorsque ce canal est recouvert par endroits, afin de le protéger des passages d'animaux et plus récement de celui des skieurs.
j'avais retenu ainsi:
-l'objet d'une foggara est de recueillir l'eau de la nappe phréatique (et non celle de surface retenue plus ou moins naturellement) et de la mener par gravitation,de façon souterraine pour en éviter la trop rapide évaporation sous l'effet du soleil,vers les jardin situés en contrebas.
La technique de conduite de l'eau est variable:
celle des canaux à ciel ouvert relève de l'agriculture et mèrite davantage le qualificatif d'irrigation,celle des foggaras mérite bien le nom de drainage...des " eaux cachées",l'origine de cette appellation sera donnée plus avant...).
J'avais donc quelques atouts pour aborder le sujet des foggaras et surtout pour en témoigner!
III°)QU' EN ETAIT-IL DEPUIS 1960 ?
(date de découverte de ma première foggara à Reggane)
M.Marceau Gast que le regretté Gabriel Camps avait chargé de rédiger entre autres,le chapitre du numéro XIX de "l'Encyclopédie berbère" traitant des foggaras,me confia pour illustrer mon propos une photo exceptionnelle du peigne de l'oasis de Reggane(au sud d'Adrar-Cf.39)
D'un autre coté,je pris langue sous les auspices du président de la Ralha(Amicale ses sahariens)
avec le Pr. Jean Blisson,digne successeur du grand,Capot- Rey et la lecture de son
ouvrage(cité infra), me conduisait à la montagne aux écritures,(quartier latin)vers les recherches réunis par D.Balland (Université de Paris- Sorbonne) sous le titre "Etudes géographiques des galeries drainantes souterraines".
Cette étude dense, menée de façon exhaustive quasiment à l'échelle mondiale, m'a offert un aspect topique de la question dont je ne vous rapporterai toutefois que les temps forts.Ce n'est que de façon rudimentaire que j'émaillerai,mon résumé, avec des illustrations marquées au coin d'un talent artistique en recherche de reconnaissance...Voici les points clés de cette recherche:
- le sujet est passionnant,
- il touche à l'universel,
- il donne à ceux qui fréquentent et aiment le Désert une occasion de renouer avec un mode écologique et susceptible d'être adapté à notre époque de lutte contre la désertification.
b[IV °) VENONS EN AUX FOGGARAS]b :
bien qu'ayant ma préférence, le cédant ainsi à la force de l'habitude, je reconnais que le nom de foggara n'est pas prédominant et ma traduction en arabe risquant de se révéler laborieuse, l'aide du Pr. FANTAR s'imposait. Situons-en la toponymie :
- foggara (Algérie, Tunisie, Sahara (en arabe, fakara de"Fajjara al ayoun": creuser pour une source
Kettara au Maroc (région de Marrakech et vallée du Draa - en Arabe, ce mot signifierait gouttière)
- Qanat dans le proche Orient à partir de l'Egypte. Les Anglo-saxons tentent de l'imposer (Internet)
- Karez en Iran oriental, en Afghanistan et en Chine avec des amendements plus ou moins nets.
Si l'antériorité de cette découverte n'est plus guére disputée aux Perses (Iraniens) -ceci n'empêche pas quelque revendications chauvines.
La diffusion de cette technique est reconnue en tout cas ,comme étant due successivement aux Perses, aux Arabes (Achémites, Sassanides,Hafaside ), aux judéo-berbères du Touat et bien plus tard aux Mozarabes ayant fui l'Espagne de la "[Reconquista]".
[A) En quoi consistent-t-elles ?
Afin d'eclairer ce qui suit,rappelons-nous qu'il existe trois sortes d'eau douce :
- L'eau de ruissellement alimentant lacs et rivières: une partie s'infiltre et alimente les sources d'eau potable qui sourdent sur les piémonts des montagnes.
- L'eau de la nappe phréatique ou eau aquifère : on la récupère en creusant foggaras et puits
de 15 à 60 m de profondeur, elle se renouvelle en plus d'1 an -plus de 1000 en trés grande profondeur:
- L'eau fossile : située bien en dessous de la nappe phréatique (en Algérie, c'est à 3.500 m.queles pétroliers la trouvèrent ), elle ne se renouvelle pas et exige d' importants moyens matériels.
C'est l'eau des nappes phréatiques aux pied de montagne que les foggaras recueillent. C'est l'expertise des mineurs qui en a fondé la technique. S'il fallait retenir une idée- force ce serait bien celle-ci : l'irrigation par canaux à ciel ouvert ne saurait satisfaire les agriculteurs des régions sub-tropicales, où l'évaporation est considérable - rien de pareil sur "ma" montagne à plus de 1800m
Ainsi le grand mérite des foggaras est d'acheminer à l'abri du soleil et des plus banales pollutions, l'eau recueillie à la base de la montagne et ce, jusqu'au système de répartition situé à l'entrée des jardins de l'oasis(c'est le plus souvent un peigne-Cf.p39 du dossier de l'eau).
La technique a bien été empruntée aux mineurs qui l'ont portée à son plus haut degré:ne signale t'on pas qu'au XIX°siecle les mines de charbon de provence y eurnt recours pour évacuer l'eau des galeries d'ex-traction du précieux combustible?C'est ainsi que j'ai recensé 3 phases dans la réalisation d'une foggara:
a) pour la construction: il faut successivement,
- repérer la nappe souterraine (rôle de sourcier ou de sorcier ?)
- Calculer la pente de la foggara en fonction de l'éloignement des terres à cultiver.
- Organiser la sortie de l'eau et son stockage après l'irrigation des parcelles cultivées,
b) pour l'entretien : le curage ayant été délaissé, l'Etat est intervenu autoritairement pour en pallier l'abandon qui se généralisait. La recherche d'une nouvelle tête de collecte parfois s'impose, obligeant à creuser une galerie de secours, à décaler les cultures, en aval par suite du changement de pente ou à recourir aux moto-pompes si le débit diminue trot .
c) pour la gestion de l'eau : selon la région, l'organisation variera avec cependant une forte connotation morale et parfois judiciaire (c'est le cas du tribunal de l'eau à Valencia en Espagne,tenant séance à la porte de la cathédrale)
Revenons donc à notre Orient : si certains acteurs recevaient une rémunération convenable, j'ai noté que le Rai's exerçait une fonction hautement honorifique et le plus souvent bénévole lui donnant entre autres le pouvoir de révoquer, le gendarme chargé de la surveillance, le dâstlan ; l'intendant - répartiteur dénommé miräb, semblait mieux protégé dans l'exercice de son mandat(une procédure complexe s'imposant pour pouvoir le révoquer .
Les moqani (jardiniers) finançant l'opération, creusaient souvent eux-mêmes la foggara, certains exploitant en direct leur lopin de terre. Tous pouvaient s'ériger en tribunal pour juger des agissements des 2 premiers, ceci sous la présidence du Rai's …
C) comment se passer de chiffres ? se mettra-t-on un jour d'accord sur un nom universel ?
a) les chiffres : pour une surface moyenne du lopin de terre : 14 m²
- 1.5million d'Ha de terres irriguées, au plan mondial, par foggaras (un peu moins de 1%)
- 659 ouvrages traitent des foggaras dont la ½ en persan. Surface du carré cultivé#12m²
- 2 colloques ont été consacrés à la question (Londres 1986), Urumqi
- Le débit (moyen spécifique = le débit moyen dans le temps 3 l/ s / m) (3 fois plus en Afghanistan !
le nord bénéficiant d'une pluviosité plus grande. Pareil exploit résultait d'un curage périodique.
- Longueur moyenne 5 Kms en Afghanistan avec 200 puits d'évents espacés de 20 m. en moyenne mais ça varie d'une région à l'autre avec le relief mais aussi avec la pluviosité (200 mm en Afghanistan Nord, 2.000 mm en Iran Ouest c/ moins de 100 mm au Sahara)
- Largeur moyenne des foggaras 60 cm, Hauteur 0,60 cm le + souvent, 3 m en chine !!
- Les prix de revient : Coût de creusement de galerie 40% + cher que celui des évents)
Il faut 3.800 Jours / Homme de travail pour creuser une foggara de 6 Kms dans des conditions particulièrement éprouvantes d'où la rémunération correcte des ouvriers. La procédure très complexe de répartition de l'eau s'efface devant le progrès : des compteurs d'eau remplacent un décompte basé initialement sur les cadrans solaires avec ajustements ; ajoutons le prix des buses en terre cuite ou en ciment pour sécuriser le travail dans la galerie et si précieuses à la sortie
b) A propos de terminologie : Le fait que le mot kärez soit 3 fois plus employé en Afghanistan que le mot qänat se complète du fait que le nom iranien Karez ou Kariz a donné Kan-er jing en Chine, le mot de Moqani désignant les puisatiers, semble moins contesté quant à son origine sémitique!
Kärez viendrait de Corys nom du fleuve mythique vanté par Hérodote - c'est plus sûrement un mot indo-européen (usage généralisé en Afghanistan et parfois associé à celui de qanãt
Les Chinois en ont tiré Kan-er-jin mot souvent accolé à des noms de techniciens arabes !
Qãnat est un mot d'origine persane qui a été véhiculé par les soldats Mèdes et Perses jusqu'en Bactriane. C'est au milieu du II° millénaire que les Aryens peuple indo-européen se sont répartis entre l'Inde et le plateau iranien. Ont-ils participé à cette création ?
Foggara vient de l'arabe fakara Cf. ci-dessus Chap.IV ; en tamâhaq : efeli Cf. dict. de Foucauld alors que targla désigne une rigole à ciel ouvert (séguia en arabe). Est-ce que "Targa" en usage à Ouargla ne serait pas à l'origine du mot Touareg désignant le Fezzan pays d'origine des touaregs.
Kettara : employé surtout à Marrakech aurait été l'apport des puisatiers du Dräa bien que certains fasse le rapprochement avec l'introduction du puits à balancier par les Portugais, au XV° siècle.
C) Où trouve-t- on des foggaras ? Henri GOBLOT qui a lancé sa thèse sur l'origine de la technologie de creusement des foggaras (in Les Qanats : une technique d'acquisition de l'eau) est critiqué de façon excessive voire partisane. Cet ingénieur de formation a cependant contribué à faire apparaître la filiation entre les foggaras d'Iran et ceux d'Afrique tropicale et subtropicale nord.
Pour être complet, je me dois de signaler l'étude de foggaras de montagne en Afghanistan appelées justement Kärez - Hazarajat ; elle confirme l'origine perse de cette invention, d'un côté et la théorie de l'origine minière de sa technologie, d'un autre.
C'est ainsi que l'origine égyptienne appuyée sur des inscriptions tombales a été vite balayée par le Directeur des Antiquités égyptiennes, j'y trouve une confirmation de la thèse d'origine minière des Foggaras, l'Egypte se concentrant sur le Nil. Celle espagnole retenue comme la conséquence de l'occupation arabe (galerie navarraise de Cintruenigo), l'a été tout aussi aisément
Celle de l'origine perse avec les armées de Cambyse n'est pas admise pour toute l'Afrique qui nous occupe mais elle est difficilement réfutable, celle de l'apport des judéo -berbères est fermement soutenue par J. Olliel in les "Juifs au Sahara, le Touat au Moyen Age" fait l'objet de controverses plus politiques que scientifiques, à mes yeux en tout cas.
Celle de la diffusion lors de l'expansion musulmane paraît idifficilement contestable tout en étant plus tardive et plus discutable au regard de l'hégémonie touarègue au Mali et au Niger.
D) Les oubliés de l'Histoire :
- Les Etrusques qui portaient un attachement particulier à l'Eau (avec leur cuniculis) et leurs alliés, - Les Carthaginois qui venaient du même Proche-Orient eux aussi, ont leur place dans la galerie des vulgarisateurs de ce mode exceptionnel de recueillement de l'eau.
Si cette idée était de nature à inciter vos chercheurs à se diriger dans cette voie, je pense que ce colloque aurait fait œuvre utile…
L'Eau dessalée est votre espérance mais l'eau cachée pourrait bien être votre consolation !
La théorie du diffusionnisme ne permet pas de résoudre scientifiquement e problème de l'origine de l'invention mais elle souligne l'incontestable savoir faire des iraniens et la propagation de cette technique dans une région du globe que la Nature n'a guère favorisé :
"Si l'on attribue à Dieu la création du Désert et pour se faire pardonner, d'avoir trouvé le Chameau, l'eau "cachée", invention de l'Homme vaut à ce dernier d'avoir touché à l'Universel".
D) des dates, des lieux, des cultures : Les preuves écrites manquent, les datations sont difficiles car peu de déchets organiques stagnent. Toutefois, une grande enquête agricole en Afghanistan datant de 1967 apporte de bonnes informations sur la répartition des zones d'influence (persane, autochtone), le raisonnement fortement rénové par la thèse de l'origine minière de la technique de creusement, fait le reste (Liège au XIII° siècle, la Provence en 1814 ont confirmé cette thèse.
N.B.: à Liège, le drainage des mines de charbon serait à l'origine de l'alimentation de la ville en eau.
Force est, en l'état actuel de nos connaissances historiques, de convenir que les Ourartéens étaient les plus anciens mineurs connus maîtrisant la technique de creusement des galeries souter-
-raines minières et la référence pour la technologie des foggaras.
E) La survie des foggaras existants : les motos –pompes puisant dans des poches de retenue creusées après que le débit a baissé permette une survie mais un nouveau creusement s'imposera le plus souvent, le "busage" avec des conduits en terre cuite ou en ciment est moins coûteux et plus rapide que le maçonnage il n'évitera pas pour autant un curage régulier mais moins fréquent.
Le recours à l'arrosage automatique grâce à des moto -pompes produit de déplorables effets sur toute plantation des oasis : la vue des moignons de palmiers à DJERMA au Fezzan m'a atterré !
En cela, le retour à une irrigation traditionnelle est à mes yeux la meilleure des revanches pour une invention que l'Homme avait imprudemment délaissée.
F) Un honneur rendu bien tardivement : Il serait rendu à l'Iran pour avoir poussé son avantage jusqu'à faire tourner sous terre dans une ambiance humide, des moulins produisant de la farine avec moins de poussière.
Si la communauté scientifique réussissait à imposer le terme de Qanät ce serait une seconde reconnaissance pour cette invention, une des manifestations les plus réussies de l'Ecologie !
La remise en vigueur est à l'étude, elle est générale dans tous les pays qui avaient adopté cette invention, originale, écologique et tellement topique dans les milieux arides que nous savons
CONCLUSION : *
Les foggaras constituent un nouveau point "d'accroche" pour le tourisme saharien incitant à visiter les réalisations subsistantes, à rechercher les raisons de leur abandon et les solutions de remplacement retenues. Que voila bien un point de ralliement entre civilisations et cultures tant il est vrai que creuser une foggara relève du rite, reste un marqueur de civilisation, un repère culturel !
"La curiosité est un vilain défaut avait coutume de dire ma grand-mère" ! Dieu ait son âme…! C'est en tout cas un formidable élixir de jouvence et j'ai le sentiment d'être revenu quelques décennies en arrière avec l'étude de ce sujet. De la curiosité, il m'en aura fallu mais du temps il m'en aurait fallu bien davantage...
Je suis convaincu que la visite de sites dotés de foggaras est susceptible de compléter agréablement la découverte de paysages aussi authentiques et somptueux que sont ceux du grand désert,
Je crois que les "amateurs éclairés" à la recherche des peintures, gravures rupestres et sites préhistoriques de pierres polies ou taillées pourraient trouver, avec l'étude des foggaras, des voies supplémentaires de recherches et peut-être de nouvelles explications à certaines énigmes !
Pour avoir vécu des années durant dans le sillage de grands noms de l'exploration française du Sahara (Théodore MONOD, Gabriel CAMPS, Edmond BERNUS, Alfred MUZZOLINI…) je dois vous avouer une très grande blessure. Cette blessure fait que chaque fois que j'entends prononcer le mot Sahara, je reprends la citation de Madame de Sévigné, l'exquise Marquise :
J'ai mal au coeur du plus grand des déserts du monde lorsque je vois qu'on lui a fait injure …
C'est ainsi qu'à plusieurs reprises nous avons vu des graffitis révélant de bien médiocres talents artistiques, altérer des images rupestres dont l'analyse reste essentielle à une meilleure compréhension des grandes étapes de l'Aventure de l'humanité qui s'est jouée ici, (quand bien même pareilles infractions porteraient-elles sur les moins belles des gravures anciennes, la faute est impardonnable, le dommage considérable !)
Je ne ferai pas grâce d'initiales récentes masquant des tifinaghs si anciens que les jeunes générations de Touaregs sont depuis lors bien plus embarrassées pour les déchiffrer !
Et que dire des offres de vente de fléchettes préhistoriques ou de pierres polies qui nous ont été faites par les enfants de ceux-là même qui sont chargés de protéger ce patrimoine ?
Je vois, pour éviter que pareille blessure ne s'étende à tous et partout, que l'appel à la responsabilité des touristes et de tous les intervenants dans la promotion du plus grand des déserts du monde, une même prescription, impérieuse sur tous les monuments publics, sur les documents des agences de voyage, dans les hôtels et aux portes du désert :
Le Sahara est le patrimoine de l'Humanité, vous en avez la responsabilité !
Consolons nous à l'idée que la sentence du Général de Gaulle et d'autres du même ordre se référant à d'autres cultures, atteindront le cœur de chaque touriste, apportant ainsi la paix à l'exquise Marquise déjà citée :
Il est de la dignité de l'être humain d'être responsable
devant lui–même, devant l'Humanité et devant Dieu !
Comme en soutien un autre de nos grands écrivains, chantre de l'Imaginaire, Antoine de Saint EXUPERY, grand amoureux du désert, déclarait :
Nul ne peut se sentir à la fois responsable et désespéré !
Jean PICARD Courbevoie le 23 Décembre 2008
Bibliographie spécifique : - l'ouvrage du Pr. Jean BISSON "Mythes et réalités d'un désert convoité, le Sahara chez l'Harmattan, - le N° XIX de l'Encyclopédie du Monde berbère, l'article de M. Marceau GAST au mot foggara - les galeries drainantes souterraines études réunies par D. BALLAND, et publiées sous la dénomination "les Eaux cachées" études géographiques sur les galeries drainantes souterraines (Université de Paris – Sorbonne).
- Il manquera encore les annales du Colloque d'Urumqi cité supra…ainsi que les publications citées par le Pr. BISSON dans son ouvrage visé ci-dessus.
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