Les relations entre chameaux et sociétés
ENTRE MARGINALISATION ET IDEALISATION
Texte de Bernard Faye1 et François Brey2
1. CIRAD-EMVT, Campus International de Baillarguet, 34398 Montpellier cedex
2. Association Camélomane, 20 rue du Terrage, 75010 Paris
Bien que le chameau ait eu dès sa domestication, il y a 6000 ans (Eppstein, 1971), un rôle essentiellement utilitaire, l’homme a toujours entretenu avec lui des rapports affectifs et symboliques dont l’importance est peut-être proportionnelle aux dimensions de l’animal et aux services qu’il rend à l’homme du désert. Cet attrait pour l’animal perdure aussi bien dans les pays du Sud que dans les sociétés occidentales, pour des raisons évidemment différentes.
Chez les maures de Mauritanie, le désert se décrit comme un immense troupeau de dromadaires et chaque dune est décrite comme un chameau couché. Cette manière de décrire le paysage permet aux nomades de mémoriser un itinéraire et de le transmettre. Le dromadaire imprègne les rêves des uns, les descriptions du monde des autres, il inspire les poètes des temps préislamiques à nos jours.
Mais il renvoie aussi à une imagerie populaire empreinte de clichés, d’a priori et de méconnaissances qui le confinent dans un positionnement passéiste, voire obsolète. Cette relation ambivalente se reflète dans les comportements sociaux, les symboles véhiculés et les politiques de développement mis en œuvre ici ou là. De nos jours, les rapports entre le dromadaire et les sociétés du Nord et du Sud obéissent à ces deux tendances divergentes entre marginalisation et idéalisation. Ils se déclinent cependant différemment selon les sociétés en question, la ligne de fracture n’étant pas celle qui sépare les sociétés elles-mêmes, mais plutôt la place que chacune d’entre elles, est prête à donner au dromadaire.
1. Le dromadaire, animal marginalisé
Dans le jargon des agences de développement, les zones désertiques sont qualifiées de zones marginales (« remote areas »). Il n’en faut pas plus pour que le dromadaire, animal de prédilection de ces régions, soit à son tour renvoyé à la marginalisation de sa propre existence. De fait, le dromadaire accumule deux handicaps majeurs vis-à-vis des développeurs et des bailleurs de fonds : (i) animal fortement contraint à un milieu déterminé (contrairement à la vache et aux petits ruminants par exemple), il est généralement confiné aux zones arides de la planète, (ii) ses effectifs au niveau mondial (20 millions de têtes approximativement) sont dérisoires comparés au cheptel bovin (1,3 milliards) ou ovin-caprin pratiquement aussi nombreux.
De fait, l’hyperspécialisation de l’espèce aux conditions désertiques, l’a rendu difficilement adaptable à d’autres écosystèmes que celui de son origine, contrairement aux autres ruminants comme les bovins, les ovins et les caprins dont la plasticité génétique a permis une large diffusion à travers la plupart des écosystèmes terrestres. A ce titre, on pourrait comparer aisément le dromadaire au yak qui ne s’est guère répandu au-delà des écosystèmes montagnards d’Asie centrale.
1.1 Le dromadaire, l’animal des rebelles
C’est le déclenchement, en 1990, de la rébellion du peuple Touareg au Niger puis au Mali, et avant cela du peuple Toubou au Tchad, qui fait éclater au grand jour le désespoir des nomades chameliers et leur volonté d’être reconnus et considérés par les pouvoirs publics. Cette exclusion des peuples nomades du Sahara central trouve ses racines dans les dernières décennies. Il s’agit d’un processus qui remonte aux années 60-70 et à la conjonction de plusieurs facteurs économiques et politiques :
- interdiction du commerce caravanier et concurrence du transport mécanique. Au moment des indépendances des pays pratiquant l’élevage du dromadaire et du chameau, le commerce caravanier a été interdit : les touareg d’Algérie et du Niger n’eurent plus le droit de nomadiser d’un pays à l’autre, ni de commercer avec leurs caravanes. Au Niger, tout nomade pris en flagrant délit de caravane se voit infliger 3 ans de prison et la confiscation des marchandises et des dromadaires. Paradoxalement, les camions continuaient de plus belle à pratiquer le commerce de mil et de dattes entre Algérie, Niger et Mali.
- l’extension de la zone des cultures de riz et de coton a diminué les terres pastorales transformant la complémentarité nomade/sédentaire en rivalité.
- la création d’un impôt sur le bétail et les personnes puis les sécheresses répétées des années 73-74 et 84-86 ont contribué à casser un mode de vie à l’équilibre très fragile.
- les pouvoirs centraux, pour en finir avec la rébellion Touarègue de façon définitive n’ont pas hésité parfois à empoisonner puits et vivres, à détourner l’aide internationale, et à déplacer les populations.
Près de 50 ans plus tôt, en Asie Centrale et notamment au Kazakhstan, la collectivisation des troupeaux et la sédentarisation forcée imposée par le pouvoir stalinien avaient poussé les nomades à sacrifier leur cheptel ou à fuir vers des zones plus hospitalières : de 1927 à 1941, le cheptel Kazakh est passé ainsi de 1 200 000 têtes à 104 600 têtes (Moussaiev, 2002).
Dans bien des pays donc, notamment ceux où le pouvoir politique est passé aux mains des « sédentaires », le dromadaire, en tant qu’animal du nomade, homme par essence difficilement contrôlable, parce qu’il est mobile et s’abstient des frontières, est renvoyé à la marginalité, voire réprimé au même titre que le chamelier.
A noter cependant que les conflits politiques ont pu avoir localement, un effet secondaire bénéfique. C’est bien le conflit du Sahara occidental au Maroc dans les années 70, et le conflit au Niger, qui ont suscité un regain d’intérêt pour l’élevage du dromadaire de la part des autorités de ces pays pour apporter une réponse politique au problème du développement des régions en rébellion. C’est en effet suite à ces mouvements conflictuels que se sont mises en place par exemple, les politiques de développement de l’élevage camélin au Maroc et qu’on a assisté à un redéploiement des effectifs, ceux-ci passant de 70 000 têtes en 1985, à 149 000 selon le dernier recensement alors qu’ils avaient chuté de 56 % entre 1971 et 1985 (Faye et Bengoumi, 2001). C’est également dans le contexte de la rébellion Touarègue au Niger que s’est mis en place un projet de développement de l’élevage camélin dans la zone centrale de ce pays (Pacholek et al., 2000).
1.2Le dromadaire, animal du passé
Pour bien des décideurs politiques et agences de développement, y compris dans les pays à forte vocation pastorale, le dromadaire, animal du nomade, est tout autant un animal du passé que le nomadisme lui-même en tant que mode d’élevage dans des pays où sédentarisation rime avec modernisation. Dans l’imagerie des sociétés industrialisées, le dromadaire est souvent ramené à sa seule activité caravanière qui, en vertu de sa concurrence par le camion, n’a plus d’avenir. Le dromadaire ne serait plus qu’un « has been » de l’économie du désert, voué aux seules vertus du tourisme, conférant à sa présence un caractère désuet et marginal.
Du reste, en matière de production zootechnique, notamment de production laitière, la mode de la vache, d’une productivité démographique deux fois supérieure (durée de gestation, intervalle entre mises bas et durée de lactation plus courte) a pu contribuer à renvoyer le dromadaire au rang de relique du passé. Pourtant, un tel choix, très marqué notamment en Somalie dans les années 80 (la vache apparaissait comme l’animal d’avenir), a pu conduire à une véritable catastrophe humanitaire lors de la sécheresse de 1998, les propriétaires de bovins ayant été beaucoup plus affectés par la perte du bétail que les propriétaires de dromadaires (Bonnet et Faye, 2000).
La modernité dans le désert se conjugue avec motorisation. Même les conflits armés pour raison politique ou l’insécurité liée à une économie de prédation, s’appuient sur la mobilité des 4X4 plutôt que sur celle des dromadaires. Bien que les compagnies méharistes aient fait leur réapparition ici ou là (par exemple en Mauritanie, au Mali, au Niger) ou que les auxiliaires vétérinaires des régions sahéliennes fassent encore leur tournée à dos de chameau, le nec plus ultra des acteurs économiques ayant « réussi » dans les pays du désert, est de disposer d’un véhicule tout terrain et d’un téléphone portable. Tout au plus, le dromadaire peut apparaître comme un succédané symbolique d’une culture ancienne. Le summum semble atteint dans les pays du Golfe arabique, où les dromadaires sont transportés eux-mêmes sur les plateaux des pick-up et où la possession d’un tel animal relève de la même logique que la possession d’une tente bédouine dans le désert, non loin du très grand confort des villes futuristes, pour y passer le week-end et renouer avec une tradition ancestrale. Le dromadaire, dans ce contexte, ressemble à ces vieux puits médiévaux restaurés mais non opérationnels, ou à ces vieilles carrioles repeintes, comme simple élément de décoration des résidences secondaires dans les pays occidentaux.
Avec la course au modernisme, les dromadaires perdent leur hégémonie comme auxiliaire de l’homme dans les steppes et les déserts. On comprend dès lors pourquoi, les chercheurs camélologues peuvent apparaître dans la communauté scientifique internationale, comme des originaux, des marginaux, suscitant au mieux, un léger amusement de la part des spécialistes d’espèces plus communes, au pire, une pointe de mépris pour des scientifiques s’intéressant à une espèce qui ne suscite guère qu’une centaine de publications scientifiques sérieuses chaque année, soit 20 à 40 fois moins que pour la vache. Le dromadaire, animal du passé, ne serait bon que pour les camélologues, chercheurs excentriques de par l’originalité de leur objet d’étude ?
1.3 Le dromadaire, animal des cirques et des parcs animaliers
Bien qu’en comparaison, il ait joué un rôle assez mineur dans les sociétés occidentales, le chameau y est toutefois présent depuis longtemps comme animal de loisir dans les zoos et les cirques. Le fait qu’il y soit confiné témoigne à l’évidence de la place qu’on lui attribue dans le grand public : celui d’un animal exotique dont on envisage mal son élevage en tant qu’élevage de rente comme on l’entend pour les autres espèces domestiques, mais qu’on peut aisément « montrer » comme espèce emblématique d’un monde peu accessible (le désert). A ce titre, il est ramené au statut d’animal sauvage, capturé et « acclimaté » pour les besoins d’un public urbain avide d’exotisme et de nature sauvage aseptisée. Ce statut est peu compatible avec la vision d’un animal d’intérêt zootechnique ayant un rôle économique majeur dans certains pays désertiques.
En tant qu’espèce mise à l’épreuve de la visite dominicale des familles urbaines peu au fait de la physiologie et du potentiel zootechnique de l’animal, le dromadaire accumule les clichés et les mythes très tenaces sur ces capacités de survie et son fonctionnement biologique. Le mythe le plus récurrent est l’existence d’un stockage de l’eau dans la bosse, erreur fondamentale de la physiologie de l’animal que l’on retrouve même dans les encyclopédies juniors destinées à l’éducation des scientifiques en herbe (cf. « ma première encyclopédie » de chez Hachette par exemple).
1.4 Le dromadaire, animal de loisir mal valorisé, voire méprisé
Dans les parcs zoologiques, cet habitué des grands espaces, est souvent cantonné dans des enclos réduits. Il est utilisé parfois pour des petites promenades pour les enfants mais son utilité comme animal de transport et ses caractéristiques exceptionnelles ne sont que rarement mises en valeur. Lorsqu’ils perdent leur laine en été il ne font qu’inspirer la pitié des visiteurs qui, dans l’état d’esprit évoqué dans le paragraphe précédent, interprètent à mauvais escient la situation. Il n’est jamais fait mention de sa qualité d’animal domestique essentiel à la subsistance de populations des zones désertiques. On n’apprend rien non plus de la production de lait, de laine, de viande. Si des efforts réels sont réalisés notamment dans les fermes pédagogiques, très à la mode en Europe, la méconnaissance de l’espèce, ramenée au statut d’animal « de promenade », sans le caractère noble du cheval, est une constante du grand public.
Parfois aussi, les chameaux servent uniquement de faire-valoir pour les cirques lors des parades dans les rues des villages. Ces éleveurs improvisés, ignorants des besoins de l’animal ou bercés par les préjugés sur sa sobriété sont capables de le laisser mourir faute d’abreuvement, comme ce fut le cas lors de la canicule qui s’est abattue sur l’Europe en août 2003.
Il est notable également qu’on ne dispose par exemple en France d’aucun registre d’identification des animaux, pourtant obligatoire pour la plupart des espèces domestiques (il en existe un pour les lamas notamment), et que la réglementation européenne ignore totalement le lait de chamelle comme produit alimentaire , ce qui rend son exportation en Europe, problématique et sa commercialisation difficile, comme en témoignent les difficultés rencontrées par la laiterie Tiviski de Nouakchott en Mauritanie (Abeiderrahmane, 1997).
Bernard Faye
1.6 Le dromadaire, animal délaissé : le retour à l’état sauvage
Les dromadaires ont été importés en Australie au 19ème siècle pour explorer les grands déserts du centre du continent. Regroupés en attelages de plus de dix dromadaires, ils étaient utilisés pour tracter les lourdes charges tels les rails et traverses de chemin de fer à travers le désert du Simpson. Avant la motorisation de l’agriculture, ils étaient utilisés comme auxiliaires des activités agricoles. Mais une fois qu’ils eurent contribué à l’équipement du pays des infrastructures modernes ou aux autres activités agricoles multiples, ils furent remerciés pour leurs bons et loyaux services et on leur rendit la liberté.
Livrés à eux-mêmes, dans un environnement dépourvu de prédateurs, ils se sont multipliés pour atteindre une population sauvage estimée de 100 000 à 500 000 têtes (Gee, 1996). Aujourd’hui, en souvenir de ces dromadaires et des chameliers afghans qui les guidaient, le train qui traverse le continent du nord au sud se nomme le Ghan, du mot « Afghan », et arbore sur l’avant de sa motrice, un dromadaire monté, modeste hommage à ce pionnier de la conquête du bush.
Les chercheurs ont pu mettre à profit cette situation pour faire de ce troupeau marron unique au monde un objet d’observation. Il leur permet de mieux comprendre et d’étudier le comportement de l’espèce dromadaire sans la gestion imposée par l’homme (Heucke et al., 1992). Cependant, ce marronnage n’est pas sans poser problème. La croissance démographique importante de ce cheptel commence à poser des problèmes de pression sur le milieu. Aux marges désertiques, le dromadaire féral rentrant en concurrence avec les autres espèces domestiques, un Camel Destruction Act fut édité en 1925, autorisant l’abattage des animaux « en surnombre ». L’histoire retient entre autre pendant la sécheresse de 1961, l’abattage de 1 150 têtes autour de trois points d’eau (Wilson, 1984). Plus récemment, il est question d’organiser des captures et des exportations vers les pays du Golfe qui prisent particulièrement la viande de dromadaire.
1.7 Le dromadaire au cœur de l’estime des hommes
Les multiples calamités et évolutions endurées par les populations chamelières (conflits, sécheresse, sédentarisation, crise de l’élevage pastoral) n’ont pas réussi à venir à bout de leur attachement ancestral au vaisseau du désert : « A la création du monde, il n’existait qu’une chamelle, appelée Fakaru, et le monde entier vivait grâce à son lait » dit un proverbe touareg (Caballion, 2003). Mais au-delà de cet attachement, on constate une idéalisation (une mythification ?) dont même les scientifiques ne sont pas à l’abri.
2.1 Le dromadaire, l’animal idéalisé
Les particularités anatomiques et physiologiques du dromadaire ont toujours fasciné les voyageurs et les chercheurs en prise aux zones désertiques. Etrange animal en effet, avec son cou d’une longueur peu usuelle, sa bosse sur le dos, sa démarche chaloupée, sa légendaire sobriété et son endurance à toute épreuve. Sa cohabitation sereine avec des peuples qui partagent avec lui une grande sobriété de l’existence, n’a pas manqué non plus d’attirer les chercheurs d’absolu. Le désert et ceux qui l’habitent exercent de fait, une fascination pour « l’authenticité ». Le dromadaire est un élément du retour au source, un compagnon indéfectible de la méharée, cette promenade dans un univers désolé, en rupture complète avec la modernité, moment où l’homme moderne retrouve l’essence d’une existence dépouillée : dormir à la belle étoile, se nourrir du pain cuit dans le sable ou du lait cru de chamelle, évaluer le passage du temps au rythme des pas du dromadaire.
En Europe et aux Etats-Unis, cette idéalisation se prolonge hors du désert par un engouement pour les camélidés : petits camélidés comme animaux de compagnie, association de camélomanes, méharées au catalogue des agences de voyage, organisation de courses médiatisées comme le marathon de Douz (Tunisie) ou la course qui réunit tous les ans les jockeys australiens de la région d’Alice Spring, et ceux de Virginia City dans le Nevada (USA) pour le grand Camel Derby.
Dans les pays du Sud, le dromadaire demeure encore empreint d’une forte symbolique où prédomine l’identité culturelle du nomade. Bien des manifestations culturelles organisées ici ou là, s’attribuent le dromadaire comme point focal. Les festivals du désert, en Tunisie, en Algérie, au Mali ou ailleurs mettent tous en exergue le dromadaire comme animal emblématique. Dans le monde touareg, au Mali, au Niger, la Cure Salée, au-delà d’une transhumance nécessaire pour la santé des animaux est un moyen d’affirmer leur identité de nomade. Dans les pays d’Afrique sub-saharienne, on protège les animaux contre le mauvais œil. En Inde, à l’occasion de la foire de Pushkar, les chamelles sont maquillées, décorées, embijoutées jusqu’à l’excès.
La défense de l’identité culturelle s’affiche également au travers des produits comme le lait. Chez les populations pastorales sédentarisées et urbanisées, le lait de chamelle est la plupart du temps préféré au lait de vache parce qu’on lui prête des vertus multiples, médicinales ou tonifiantes (Yagil and Van Creveld, 2000). En Asie centrale, les produits laitiers traditionnels issus de la transformation de lait de chamelle sont identifiés à un terroir, à un pays et de véritables cures sont préconisées pour assurer une santé vigoureuse aux consommateurs (Konuspayeva et al., 2003). En Mauritanie, le lait de chamelle, associé aux dattes, est apporté en quantité à l’occasion de cure d’engraissement pour les épouses que les hommes aiment enveloppées.
Enfin, il est jusqu’aux scientifiques qui, prenant fait et causes pour le dromadaire, et en vertu de ses remarquables capacités d’adaptation aux conditions du désert, sont capables de tenir un discours emphatique sur cet animal. Certains n’hésitent pas à le considérer comme un élément central de la lutte contre la famine, le sauveur de la désertification, le champion de la préservation de l’environnement. On prête dès lors au dromadaire toutes les vertus d’un remède miracle aux maux des pays arides.
François Brey
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